O-Tsuki-Sama

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O – TSUKI – SAMA

Sous les cèdres sombres de la forêt glacée
Se glisse une ombre silencieuse et dramatique,
Au visage si pâle, si fantomatique…
Elle descend sans bruit le chemin en lacets
Jusqu’aux pins de brume sur la rive mystique.

Elle est venue de loin, par la montagne antique
Dont les contours estompés n’ont pas de passé
Mais se figent dans les estampes enchâssées
De ces temples vénérables aux lourds portiques,
Aux motifs de jade qui se sont effacés…

Elle ne verra plus les cerisiers massés
Dans son beau jardin tiède et mélancolique.
Les larmes percent à travers ses yeux obliques
Et du long voyage ses pieds semblent lassés
Lorsqu’elle atteint la plage immuable et magique.

Elle ne peut regretter ses gestes tragiques
Car là-bas son existence se déplaçait
D’un théâtre No aux silhouettes enlacées
Dans une tourmente mortelle ou extatique
Au Kabuki si lisse qu’on l’aurait cassé…

Elle s’allonge sur les galets bien tassés,
Regarde le ciel où la lune nostalgique
De l’écume écoute la trop douce musique
Comme un frémissement du kimono froissé
Par les vagues montantes des marées cycliques !

 

 

Ce poème a environ dix ans. La fin laisse apparemment un doute quand à l’interprétation, je ne vais pas l’expliciter.

Le titre O-Tsuki-Sama signifie Vénérable Lune et m’a été inspiré par le dernier chapitre de l’Honorable Partie de Campagne, de Thomas Raucat.

O-Tsuki-Sama… c’est Toi la cause.

 

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