La sirène

fr-airshipUne nuit, il y a dix ans, j’ai rêvé d’une strophe. J’ai eu la chance de m’en rappeler le lendemain – je m’étais réveillée avec la strophe en tête et l’avais apprise par coeur avant de me rendormir :

Et lasse de ce long voyage
Dans le mirage de l’écume
J’apporterai sur vos rivages
Un coquillage d’amertume.

J’aimais bien sa sonorité mais je trouvais que cela ne voulais rien dire. J’ai voulu trouver un contexte afin de l’inclure dans un poème plus grand. Le voici, légèrement remanié :

LA SIRENE

Dans les yeux de la sirène une lueur s’allume :
Elle pense à celui qu’elle vît sur la plage,
Car pour ce beau marin son cœur lourd se consume ;
Elle a pour son image un enflammé langage :

” Oui je suivrai votre sillage
Votre voilage pour costume
Si vous sombrez dans un naufrage
Moi si sauvage sous la brume… “

– Mais la sirène n’est pas une femme !
Contre elle le sort augure et la juge –

 ” …Et lasse de ce long voyage
Dans le mirage de l’écume
J’apporterai sur vos rivages
Un coquillage d’amertume. “

– Le désespoir se fait jour en son âme
La pauvre ne sait où trouver refuge –

Dans les yeux de la sirène la lueur s’embrume :
Elle ne peut vouloir les hommes d’équipage.
On voit lors sous la traînée rougeâtre qui fume
En son flanc si pâle un trident de cartilage !

Oui, il est très joyeux, mais je l’ai écrit à la même période que O-Tsuki-Sama et ça faisait partie de la même série. Et puis la petite sirène par Andersen n’a jamais été comique !

Image: Edmund Dulac

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